Un livre de docteur honte aux prisons françaises

La publication le mois dernier du journal d’un médecin de la prison a choqué le public français et poussé le parlement à voter à l’unanimité pour créer une commission d’enquête approfondie. les conditions de vie des prisonniers et les conditions de travail du personnel pénitentiaire. Elisabeth Guigou, ministre de la justice, a ordonné à une autre commission, présidée par le président de la plus haute instance judiciaire française, de rendre compte du contrôle externe de l’administration pénitentiaire. “ La situation dans plusieurs de nos prisons n’est pas digne d’un pays comme le nôtre, ” dit Mme Guigou.Le livre, M é decin-chef à la Prison de la Sant &#x000e9 ;, a été écrite par le Dr V é ronique Vasseur, qui a travaillé dans le Sant é Il a trouvé les cellules sales et infestées de rats et de souris et les matelas si abondants de poux et d’autres insectes que les détenus les ont recueillis dans des bocaux pour protester. Le trafic de drogue était endémique, avec quelques gardes également impliqués. Le viol était fréquent, de même que les auto-mutilations, les suicides et les tentatives de suicide. Les barons battaient les prisonniers et les détenus aguerris transformaient les plus faibles en esclaves qui n’osaient se plaindre par crainte de représailles. La nourriture était souvent gâtée et les épidémies de gastroentérites fréquentes. Dr Vasseur a même identifié une maladie connue seulement en temps de guerre, la gale du pain, causée par du pain moisi. Le livre a provoqué un tollé et déclenché des enquêtes par la presse. Certains anciens détenus notoires de la France, y compris d’anciens ministres et hauts dirigeants d’entreprises, ont été interrogés et ont signé une pétition déplorant les conditions carcérales. Le quotidien Le Monde a mené ses propres enquêtes et publié des rapports sur un certain nombre de cas de maltraitance. Une grande partie des prisonniers incarcérés dans les prisons françaises sont des prévenus, qui attendent d’être jugés mais n’ont été reconnus coupables d’aucune infraction, dont certains sont ultérieurement déclarés non coupables. En juillet dernier, 57844 personnes étaient en prison en France, dont 20143 en détention provisoire. Les prisonniers en attente de jugement et ceux condamnés à une peine d’emprisonnement de moins d’un an sont détenus dans des prisons appelées «maison d’arret», «t» et «x0201d». L’année dernière, 118 prisonniers se sont suicidés, plus de 1000 l’ont tenté, et il y a eu 1362 auto mutilations, y compris l’avalement des objets métalliques, des couteaux, des fourchettes et même lames de rasoir (généralement collées ou enveloppées dans un tissu). Il y a eu 953 grèves de la faim d’une durée d’au moins sept jours et 278 attaques de détenus contre des gardes; Les mauvais traitements et le passage à tabac des prisonniers par les gardes ont également eu lieu. M. Vasseur écrit que le Sant é prison environ un tiers des détenus sont dépendants à une drogue, allant de la cocaïne à la concoction d’ingrédients étranges tels que l’eau dans laquelle les batteries ont été bouillies. Les gardiens sont souvent impliqués dans le trafic de drogue. Elle estime que 5-10% des détenus sont séropositifs.